La carrière solo d’Eddy Mitchell commence en 1963. Il vient de quitter les Chaussettes et de terminer son service. Le rocker vient
d’avoir 21 ans.
Voici Eddy…C’était le soldat
Mitchell
Premier album.
Dans « Quand une fille me plaît », le chanteur joue les Don Juan.
« Chain Gang » est une chanson de prison, qui inspirera le « Sing Sing song », de Claude Nougaro, en 1965.
« Là, au bout de la terre se trouve Chain Gang, la prison de l’Enfer ». « Il n’y a pas de ciel au-dessus de Chain Gang ».
En reprenant « Je reviendrai », Eddy est toujours en concurrence avec Les Chats sauvages, de Dick Rivers.
Autres titres : Si tu penses. Tout s’est réalisé. C’est grâce à toi. En revenant. Une fille dans les bras. Une fille si belle.
Quel est votre nom ? Pour vous. La longue marche.
Eddy in London
(1963)
Cet album fait la part belle aux standards du rock des pionniers. Eddy essaye de se forger une image plus dure que celle
qu’il avait du temps des Chaussettes. Il reprend “Good Golly Miss Molly”, de Little Richard (“Jolie Miss Molly”), « Kansas City”, du
même, “Peggie Sue” de Buddy Holly.
« Sentimentale » est une adaptation d’un succès d’Elvis Presley. Elle évoque une jeune fille romantique, un peu rétro. Elle
aime les clairs de lune, les valses à trois temps… Elle n’est pas rock’n’roll, mais peu importe. « Moi, ça m’est égal ».
« Comment vas-tu mentir ? » est une reprise du « C’mon Everybody », d’Eddy Cochran.
Autres titres : Te voici. Blue jean bop. Belle honey. Ready Teddy. C’est le soir. L’oncle John. Jolie Mélodie.
La même année sort en 45 tours « Tu n’as rien de tout ça », une adaptation d’un hit d’Elvis Presley, « Devil in
Disguise », sur le thème des apparences. « Tu as l’air d’un ange, tu marches comme un ange, tu parles comme un ange »…
Panorama
Enregistré à Londres en 1964. Eddy a 22 ans. La pochette propose une double image du chanteur, en loubard et en homme chic, comme s’il
hésitait déjà entre deux carrières, celle de rocker, celle de crooner.
« Repose Beethoven », adaptation d’un hit de Chuck Berry, « Roll Over Beethoven », c’est un hommage un peu
ironique au grand compositeur, considéré comme une sorte de rocker avant la lettre. « Presley est jaloux de toi ». « Ta musique est profonde, ta musique a du cœur ». « Tu
chantais à tue-tête en buvant ton whisky. Repose Beethoven, toi qui aimais la vie ». Un requiem un peu moqueur, mais bon enfant.
Autres titres : J’irai bien. Pas de chance. J’irai au Paradis. Memphis Tennessee. Oh mon cœur ! Doucement mais sûrement.
Détective privé. Tu vas rentrer chez toi. Maybellene. L’école des cœurs brisés. Donne-moi une idée ;
Toute la ville en parle, Eddy est
formidable
Sur la pochette, Eddy s’est embourgeoisé. Il est assis sur un fauteuil ancien, retapissé. Il caresse la tête d’un lévrier blanc en
faïence. A sa gauche, un chevalet. Sur cet album, Eddy est accompagné par le London All Stars.
« Fauché » met en scène un joueur malchanceux. Tout le monde l’a laissé tomber. « Je prends à témoin le ciel si
lointain pour oublier ». Un thème qui inspirera Nino Ferrer (« Le millionnaire »).
Dans « Toujours un coin qui me rappelle », un de ses premiers grands succès, la nostalgie est poétisée. « Quand l’ombre
vient, mon pas m’entraîne où l’on allait danser le soir ». C’est une chanson qui suit une rupture. « Comment pouvoir t’oublier ? ». Peut-on retrouver un amour perdu ? « Mais
si ton cœur regrette un jour ce grand amour que l’on vivait, reviens alors dans cet endroit où l’on allait, et j’y serai ».
L’album compte plusieurs reprises de Ray Charles.
Autres titres : Il faut croire. J’ai tout perdu. Juste un regard. Qui l’a rendu fou ? Everything all right. Je défendrai mon
amour. Le générique. Mais pas pour moi. Trois jours avec toi. Johnny merci.
Du rock’n’roll au
rhythm’n’blues
Enregistré à Londres en 1965. Sur la pochette, un pied sur une chaise, Eddy tient un fusil. Sa collection de colts est exposée sur le
mur.
Dans « Rendez-vous », adaptation d’un hit de Roy Orbison, le narrateur est un faux Don Juan. « J’avoue, oui j’ai un
succès fou. Les filles se battent pour avoir rendez-vous ». Mais à la fin de la chanson il se retrouve seul, on lui a posé un lapin. Une chanson qui inspirera Christophe (« Succès
fou »).
« J’avais deux amis » est un hommage à deux rockers disparus, Buddy Holly, Eddy Cochran, deux figures tutélaires. L’un est
mort dans un crash aérien, l’autre dans un accident de voiture. « Un taxi aux portes de Londres, dérapant sur la chaussée mouillée, un taxi aux portes de Londres m’a fait perdre Eddy à
tout jamais ». Une chanson dans la grande tradition des bluesmen. Ainsi John Mayall rendra-t-il hommage à J.B. Lenoir dans « Crusade », en 1967 (« The Death of J.B.
Lenoir »).
« Je t’en veux d’être belle » est le monologue d’un jaloux. « Je sais que mon bonheur avec toi est bien
frêle ».
Dans « Personne au monde », le narrateur est un vagabond solitaire.
« Je ne veux pas le croire » se teinte déjà de nostalgie. « Je revois nos tendres années. Le temps devrait pouvoir
s’arrêter ».
« Si tu n’étais pas mon frère » évoque une rivalité amoureuse. « Voler la fille que je préfère, celle pour qui je
revivais ». Le narrateur a cassé la figure de ce faux frère. « Si mon poing t’a mis à terre, remercie Dieu de te lever ». Leur amitié s’est brisée à tout jamais. La rupture est
consommée. « Entre nous plus rien à faire, nos chemins doivent se séparer ».
Autres titres : J’ai perdu mon amour. Caldonia. La fenêtre. Barbe-Bleue. Tu ne peux pas. J’ai tout mon temps.
Perspective
66
Enregistré en 1965. Sur la pochette, Eddy pose en imper blanc, à l’angle de Mitchell’s Street…
« Elle détruit les garçons » met en scène une femme fatale. « On s’attache à sa voix, on ne peut plus
l’oublier ».
Dans « Je lui raconte ma vie », le narrateur rencontre la mort. Elle est venue le chercher. Il va au Paradis, joue au poker
avec Saint Pierre. « Comme d’habitude, j’ai triché, il a perdu ses clefs ». Le narrateur rencontre alors le Bon Dieu et le diable. Ils le reçoivent tous les deux « Comme un vieil
ami »…
« Rien qu’un seul mot » est une adaptation de « Satisfaction », le grand tube de l’année 1965, mais le texte des
Rolling Stones en ressort appauvri.
Dans « Revoir encore », le chanteur voudrait reconquérir un amour perdu, « Car depuis son départ, le soleil se fait
rare ».
« S’il n’en reste qu’un » parodie joyeusement Victor Hugo. C’est une chanson sur l’intégrité de l’artiste, menacée de toutes
parts par les nouveaux chanteurs de variétés. On lui dit que son style est « démodé », qu’il faut qu’il évolue. Eddy en profite pour lancer quelques piques pas méchantes à Georges
Brassens, Adamo, Hervé Vilard. « Certains veulent s’asseoir auprès de leur arbre, dans l’espoir d’y trouver un barbu sans barbe, qui leur dise mes amis à Capri c’est fini ». Le riff est
démarqué sur « Satisfaction ».
Autres titres : Et tu pleureras. Tu ferais mieux de l’oublier. Aux yeux de ton amour. To be or not to be. Je n’ai qu’un cœur. Serrer les dents. Tu es le seul.
Seul
Enregistré en 1966. La couverture représente Eddy, dit « Schmoll », assis sur un banc, au milieu d’une vaste pelouse.
Dans « Au temps des Romains », le chanteur rêve d’une autre vie, se voit en nouveau César ou en nouveau Néron, « Le
grand Claudius Schmollum ». « J’aurais ma villa en marbre de Carrare, cinquante musiciens, tous prisonniers barbares (…) Et Cléopâtre aussi, livrée sur un tapis ».
Sur « L’aventure », l’exagération accentue le dégoût. Le narrateur voudrait s’en aller « Loin de toutes
ces rues où grouillent mille voitures ».
Dans « J’ai oublié de l’oublier », le chanteur n’arrive pas à faire son deuil d’un grand amour défunt. « Rester encore
amoureux me rendrait si malheureux. Ne plus rêver, ne plus penser à tous les deux ».
Dans « L’épopée du rock », Schmoll rend hommage à Elvis Presley. « Il a mis de l’eau dans son rock, mais je salue son
époque ».
« Et maintenant » est une reprise de Gilbert Bécaud, sur une rupture douloureuse et la perte de repères qui s’en
suit.
« De la musique » (avant toute chose) parodie l’art poétique de Paul Verlaine.
Pour la première fois, Eddy écrit avec le pianiste Pierre Papadiamandis, qui deviendra son compositeur de prédilection. Une longue
collaboration, qui dure encore.
Autres titres : Seul. Je serai de retour. Fraulein. L’enfant qui m’a vu pleurer. Société anonyme. La damnation de Faust.
Sur un 45 tours figure « Chronique pour l’an 2000 ». Cette chanson fait allusion à la guerre des yéyés qui opposa Antoine à
Johnny Hallyday au printemps 1966. « Beatniks et « anti », tels étaient leurs slogans. Guitares et ciseaux leurs seules armes du moment. Moi qui n’étais que bon enfant je fus nommé
sur le champ arbitre pour ce match sanglant ». L’ironie est ici de rigueur. « Les casques bleus furent débordés, les lois de la guerre renversées, oui, le monde fut bouleversé ».
« Braves gens de l’an 2000, je ne vous souhaite pas cette guerre civile terrible qui un jour nous arriva ». Mitchell cultive déjà l’art de la dérision.
De Londres à Memphis
(1967)
Comme son titre l’indique, l’album a été enregistré en Angleterre et aux Etats-Unis. Sur la pochette deux photos dans des aéroports,
l’une en noir et blanc, l’autre en couleur.
« Le début de la fin » annonce le thème du « Cimetière des éléphants », son chef-d’œuvre : « Un amour
qui s’éteint ».
« Le bandit à un bras » se penche sur les machines à sous. Serge Gainsbourg avait déjà traité ce thème pour Brigitte Bardot.
Le bandit manchot « N’est pas sentimental ». Il s’agit d’un monstre froid. « Le ventre plein d’argent, le cœur en métal ».
« Chacun pour soi » tourne au règlement de compte, avec une ex, égoïste et plaintive. « Ah ! Que tu sois heureuse
ne m’intéresse pas. Chacun pour soi, c’était ta loi. Tu voulais tout posséder, mais sans jamais rien donner ». La roue a tourné. « C’est à ton tour de pleurer, à moi de jouer ».
« De ma vie je t’ai rayée. Je suis fermé ».
« Alice » est une jeune fille rêveuse, mais vite désillusionnée. « Alice, ton pays aux merveilles n’existe plus. Alice,
quand tu sors du sommeil, tu n’y crois plus ». Le narrateur est également obsédé par cet endroit magique, mais lui aussi a délaissé ses illusions. « Ce pays que j’ai cherché sans toi
m’obsédait des jours entiers ». Sur ce titre excellent, Eddy rivalise avec les grands crooners du rhythm’n’blues, les Otis Reding, les Wilson Pickett.
Autres titres : Docteur, sauvez mon amour. Olé. Toute la ville en parle. Mon père avait tort. Au-delà de mes rêves. Sur mon
nuage. Mes promesses. Je touche le fond. Les faux-monnayeurs.
En 1967 également sort un 45 tours, « Bye bye prêcheur ». Un prêtre s’adresse à un délinquant pour le faire revenir à la
raison, mais le voyou dit au curé qu’il perd son temps. « Je ne suis plus l’enfant que tu as connu. Toi tu vis dans ta chapelle et moi dans la rue. Toutes les prières que tu m’apprenais
n’ont pas réussi à retenir la fille que j’aimais ». Les chagrins d’amour l’ont éloigné de la religion.
7 colts pour Schmoll
(1968)
Un titre de western et une couverture BD, illustrée par Giraud, l’auteur de Blueberry dans « Pilote ». Mais le succès n’est
pas au rendez-vous. Eddy commence sa traversée du désert. Elle durera jusqu’en 1974.
Les titres : Be bop a Lula 1968. Sunny. Quelqu’un a dû changer la serrure de ma porte. Elle me voit beau. Bye bye love. Ordonne
mais pardonne. Treize filles. Le fou sur la colline. Quitte à tout perdre. Only you. Tighten-up.
Mitchellville
(1969)
Cet album vaut surtout pour sa pochette amusante. Le chanteur s’est déguisé en vampire, en cow-boy, en prostituée. Il reprend du
Creedence Clearwater Revival. L’album passera inaperçu.
Les titres : Mon nom est Moïse. Paul. Au fil du temps. Envoie la lettre Maria. Je tombe de haut. Miss Caroline. Le marchand de
bibles. Un nouveau jour sur la terre. Le jardin de l’Eden. Ton absence est un adieu. Le faiseur de pluie. Trois années d’amour.
Sur un 45 tours, en 1970, on trouve « Arizona ». C’est l’histoire d’un malfrat. « Du Michigan à San Francisco, je suis
recherché. De jour en jour, le prix de ma peau ne cesse de grimper ». L’Arizona, c’est pour lui la terre promise. « Je n’y suis pas encore interdit ». « C’est ma dernière
chance de recommencer ma vie ». Il voudrait s’y acheter un ranch, élever des chevaux. Le rêve de l’éternel cow-boy qui sommeille en lui.
Dans « L’accident », sur un autre 45 tours, la femme aimée est victime d’un accident de la circulation. « Tu vivras, le
docteur l’a dit. J’ai bu chacun de ses mots ».
Sur un troisième 45 tours, « À l’ouest d’Eddy » parodie « À l’est d’Eden », le titre du film d’Elia Kazan avec
James Dean, idole fifties. C’est aussi la direction que prit Caïn, fuyant Jéhovah. « A l’ouest d’Eddy », c’est le Far West, là où évoluent les acteurs légendaires, tous ceux qui
hanteront « La dernière séance », de1977, Gary Cooper, Burt Lancaster, John Wayne, Jack Palance…
Rock’n’roll
Enregistré à Hérouville, dans l’Oise. Malgré une reprise d’Elvis Presley (« Big Boss Man »), l’album ne connaît pas un grand
succès.
« Big Boss Man » est une réflexion sur les rapports maître-esclave. « Je suis un ver de terre, toi on te craint, on te
vénère, cher grand patron ».
« L’arc-en-ciel » reprend la vieille légende du trésor caché. Les paroles font penser à celles des « Sabots
d’Hélène », de Georges Brassens. « Et je n’étais pas le seul à espérer. Une jolie fille m’avait déjà devancé. Le vrai trésor c’était elle, je l’ai gardée. Arc-en-ciel, sois
remercié ».
Autres titres : Le marchand de poupées. Ça n’arrive qu’aux vivants. Le nouveau mercenaire. J’aime le Rock’n’Roll. Rock’n’Roll
star. Pauvre émigrant. Pneumonie Rock et Boogie Woogie Toux. Je te reviendrai toujours. Gwendolinda.
Zig-Zag
(1972)
La pochette parodie le papier à rouler les cigarettes.
« C’est facile » connaît un certain succès.
Les autres titres : En revenant vers toi. La nuit des maudits. Le vaudou. Personne. Stop. Le jeu. Cash. Je quitte la ville.
Résurrection. Tout est dit.
Dieu bénisse le rock’n’roll
(1972)
La pochette représente le porche d’une église, mais les statues des saints ont été remplacées par des statues de rockers.
Dans « La chanson de Judas », Mitchell veut surfer sur la vague Jésus Christ super star. Le traître des évangiles se permet
de donner des conseils au Christ. Jésus aurait mieux fait d’être menuisier comme son père, plutôt que de jouer les prophètes. Les paroles, d’un goût douteux, prêchent la résignation en matière
politique, réfutent toute idée de résistance. « Il faut que chacun reste à sa place sous l’occupation, il ne faut pas risquer les représailles. Nous sommes beaucoup trop voyants, nous sommes
pris entre des tenailles ».
Eddy revisite Homère et les Mille et une Nuits (« Ulysse ». « Aladin »).
Autres titres : Je n’ai pas besoin de docteur. Le village abandonné. Oh Louise. Dieu bénisse le Rock’n’Roll. Le marchand de
canons. Bobby Mc Gee. Le petit escroc. La fille du pasteur. Merci, Merci, Merci, Merci.
Ketchup électrique
(1974)
Dans « Bye Bye 50 », le chanteur dit adieu à sa jeunesse. « Bye bye Elvis et ta gomina », « Mes 17 ans
meurent avec toi ». « Bye bye juke-box et Blue Suede Shoes ». « Bye bye flipper et tes filles autour, qui donnaient au vainqueur un semblant d’amour ». Une chanson
particulièrement nostalgique. Des allusions aux actrices disparues, aux événements internationaux, « Bye bye tendre Marylin Monroe. Bye bye Corée, Cuba, Algérie ». Le chanteur n’a que
32 ans, mais c’est déjà la fin d’une époque, d’un âge d’or.
« Au pays bleu » a tout d’un conte de fée. « Si tu fixes les yeux dans le regard bleu du chat noir, il pourra
t’emporter au pays des fées, il sera ton page ». Il s’agit d’un Chat Botté new look. « Le roi du pays bleu exauce tous tes vœux, c’est un mage. Il t’invite à sa cour. Tu seras un jour
reine des nuages ».
Autres titres : Alice au pays des amours. Chaque matin il se lève. Hey taxi hey. Superstition. Le coup de foudre. La fille en
bois. Pouce. J’emporte mes années. L’enfant éléctrique.
Rocking in Nashville
(1974)
C’est l’album du retour en grâce.
“Bye bye Johnny B. Good”, nouvelle adaptation du hit de Chuck Berry, parle d’un petit guitariste qui rêve de gloire, veut faire
l’acteur à Hollywood. Mais ce personnage ne tourne que dans des films ringards. « Il dit qu’il va tourner aux dernières nouvelles un grand film sur la vie sexuelle de Beethoven ». Eddy
y glisse des allusions à d’autres chansons du pionnier du rock : « Il va pouvoir enfin épouser Mabellene ». Les projets de Johnny sont tombés à l’eau. Il est devenu une sorte de
vagabond. « Il chante n’importe où, et il dort dans les gares ». Le guitariste malchanceux se retrouve standardiste à Memphis, Tennessee », ce qui permet au chanteur de citer un
autre hit du rocker américain.
« C’était un piège » dénonce les arnaqueurs, les marchands de moto, les fausses promesses des filles.
« C’est un rocker » brode sur le thème du qu’en dira-t-on, des réputations toutes faites, des images de marque. « Si je
mange en gourmet dans un dîner de choix, qu’importe ma tenue, les gens diront de moi : « C’est un rocker, c’est un roller. L’estomac d’un rocker se limite au cheeseburger ». Eddy
s’en prend aux « Faux intellectuels, journalistes étroits », aux « Faiseurs de fric », aux « Escrocs promoteurs ». Lui, il reste « franc-tireur »,
revendique sa liberté. Il décoche aussi quelques flèches contre les chanteurs décadents, le rock glamour.
« C’est la vie, mon chéri » met en scène un personnage mal réveillé. Le narrateur traîne une sorte de gueule de bois. Pour
lui tout va de travers. « Ma brosse à dents ne rase pas car le dentifrice ne mousse pas. Le ketchup dans le café glacé a du mal à me réveiller ». Les bruits de la rue le gênent de
plus en plus. « Dans la rue les marteaux piqueurs commencent à chanter en douceur ». Mais, plus loin, les mêmes engins servent à rythmer un câlin…
« La ballade de Bill Brillantine » : le nom du personnage est un peu décalqué sur celui de Bill Ballantine,
l’aventurier, le compagnon de Bob Morane. C’est le portrait d’un voyou qui cherche la bagarre au moindre mot. « Son regard me donnait froid dans le dos ». « Adossé au mur, il
jouait les durs ».
Autres titres : Southern confort. A crédit et en stéréo. Fume cette cigarette. Emmène-moi où tu veux. Là dans mon cœur. Ruby tu
reviens au pays. Je ne deviendrai jamais une superstar.