Partager l'article ! Milady ou Mille Eddy : les chaussettes: Avec les Chaussettes Noires Au début des années 60, Claude Moine, futur Eddy ...
Avec les Chaussettes Noires
Au début des années 60, Claude Moine, futur Eddy Mitchell, monte un groupe avec William Benaïm à la guitare solo, Aldo Martinez à la basse, Tony d’Arpa à la guitare rythmique et Jean-Pierre Chicportich à la batterie. Ils font du rock, du twist, des slows.
100% rock (avril 1961)
Sur la pochette, des dessins de chaussettes noires pendent à un fil à linge. Le groupe est sponsorisé par la marque Stem.
« Hey Pony » est une chanson de rupture et d’indécision. Dans un premier temps, le narrateur s’adresse à Pony. Il ne mâche pas ses mots : « Retourne chez ta mère sans faire de discours. Ton cœur de pierre ne me jouera plus de tours ». Mais, deux secondes plus tard, il supplie Pony, l’implore de revenir. Le narrateur est un homme inconséquent.
« Daniela », sur des paroles signées A. Pascal, fait le portrait d’une tricheuse, d’une menteuse. « Tu dis les mots les plus beaux du monde, sans jamais les penser un instant ». C’est aussi une nouvelle Belle au Bois Dormant. « Chaque nuit tu attends en rêvant un visage adoré qui viendra t’éveiller en posant sur tes lèvres un baiser ».
« Fou d’elle » évoque une teen-ager sexy. « Elle n’a pas vingt ans, mais son corps est troublant ».
« Tu parles trop » se moque d’une bavarde, d’une indiscrète. « Tu parles à tort à des gens que tu ne connais pas. Tu dis bien fort ce que l’on pense tout bas ». « Tu parles trop à mon percepteur, de mon magot connais le chiffre par cœur ». Quelques années plus tard, sur le même thème, Michel Polnareff écrira « La pipelette ».
Sur « Be Bop A Lula », on mélange le français et l’anglais. C’est l’adaptation d’un succès de Gene Vincent. « Be bop a lula, she’s my baby, be bop a lula, toi, ma douce amie ». L’évocation du passé est accentuée par l’hyperbole : « Te souviens-tu de nos mille folies ? ».
« Je t’aime trop » traite le thème de l’amour aveugle. « Je t’adore malgré tous tes défauts ». « T’adorer n’est pas un défaut ».
« Eddie sois bon » (la toute première adaptation de « Johnny Be Good ») dresse le portrait d’un paresseux, d’un oisif. « Crois-moi, il est bien temps de songer au labeur, au lieu d’aller traîner dans les boîtes de nuit et de passer ton temps à boire du whisky ».
Autres titres : La bamba rock. Oh Mary-Lou.
Rock’n’Twist
Sur la pochette, Les « Chaussettes » (comme on disait alors) en costume tergal, courent dans un pré, brandissant leurs guitares…
« Vivre sa vie » s’insurge contre une éducation trop répressive. La chanson s’adresse à des parents trop autoritaires. « Chaque soir vous l’attendez. Qu’as-tu fait ? Où es-tu allé ? A quoi bon l’importuner ? Il est jeune, il veut rêver ». « Laissez-le vivre sa vie ».
Dans « Rock des karts » le karting fait oublier une rupture amoureuse. « Un volant, quatre roues, c’est plus qu’une amie ». « Vous savez que l’amour n’a qu’un temps ». La vitesse, semble préférable à l’amour.
« C’est tout comme » est une chanson d’amour perdu. « C’est tout comme un cœur qui ne bat plus ».
« Quand je te vois » est à la fois en anglais et en français : « Pretty little angel eyes »…
« Dactylo Rock » fait un portrait enjolivé des secrétaires. « Elles travaillent le jour et la nuit, et même parfois tous les samedis ». « Elles sont douces et très jolies, ce sont les plus belles filles de Paris ». « Pour faire leur conquête, les directeurs perdent la tête. Elles valent bien ça ! ». Chanson un peu démago dans la mesure où le public des Chaussettes Noires était composé en grande partie d’employées de bureau.
Dans « Madame, Madame », l’amour est un vaste royaume. « L’amour a cent mille souveraines ». Là encore, l’érotisme est latent : « Yeah, vos seize ans, vos péchés, vos désirs cachés ».
Autres titres : Le twist. Trop jaloux. Petite Sheila.
En juin 1962, sur un 45 tours, « Le twist du canotier » est plus un sketch qu’une chanson. Les Chaussettes Noires y servent de faire-valoir à Maurice Chevalier, chanteur un peu rassis en 1962. Le vieux cabotin égrène sans modestie ses souvenirs de scène, se valorise à l’extrême. « Lorsque ma Pomme entrait sur le plateau, à l’Alhambra, à l’Apollo, les gens debout, la salle chauffée à blanc, je vous assure que ça twistait drôlement ». Le twist n’est pas une nouveauté pour le vieux chanteur, ce n’est que du recyclage. « Le twist, le jesteburg, le charleston, à peu de choses près, c’est le même pas. Pourvu qu’ça chauffe, on ne demande que ça ».
Le 2 000 000ème disque des Chaussettes Noires
« C’est la nuit » est une supplique pour un amour perdu. « Reviendras-tu, mon rêve disparu ? ». « Si tu m’entends, je t’en supplie, comprends, reviens tout comme avant ».
« Line » parle d’une indifférente, d’une fille au cœur froid : « Line n’écoute pas ce cœur qui bat. Pour elle, il n’existe pas ».
« Petite sœur d’amour » reprend le thème de l’amitié que l’on voudrait voir évoluer en quelque chose de plus tendre.
« La leçon de twist » sert de lancement à un nouveau pas de danse. « C’est une danse au rythme merveilleux ». On nous en explique en détail les règles, le processus et les techniques. « Les pieds devant et les deux mains fermées, légèrement penchés sur le côté, sans oublier aussi de pivoter ». « Vous vous baissez très lentement, tout en conservant le balancement ».
« Volage » évoque une infidèle, donne des conseils de conduite. « Ne faites pas mes amis la même erreur. Fuyez les filles au regard prometteur ».
Sur des paroles de Pierre Delanoë, « Les enchaînés » oscille entre amour romantique, promesses d’amour éternel (« Nos deux noms enchaînés qui sur la même pierre seront gravés ») et un érotisme sous-jacent : « Mais ce matin nos corps ont faim d’amour ».
« Le temps est lent » est un détournement du proverbe latin : « La vie est courte et l’art est long », qui devient ici : « Le temps est lent et l’amour est court ».
Autres titres : Peppermint Twist (première et deuxième parties). Le chemin de la joie. Non ne lui dis pas. Shake, rattle and rock.
En septembre 1962, sort un super 45 tours. « Parce que tu sais », sur des paroles de C. Nicolas. La fille aimée est égoïste, cruelle et a le cœur sec : « Parce que tu sais combien je t’aime, tu te joues de moi comme d’un enfant. Tu n’as de cœur que pour toi-même et me fais souffrir bien souvent. Tu n’as pas pitié de ce pauvre fou ». « Tu te moques bien de mon pauvre cœur blessé ».
En novembre, les chansons du film « Comment réussir en amour ».
« Boing Bong » est une square dance, une des meilleures chansons des Chaussettes Noires.
« Ça ne peut plus durer » est une chanson d’amoureux transi. « Je n’ose plus t’approcher de peur de t’effaroucher et de te perdre à tout jamais ».
Chaussette Noires Party (1963)
C’est un album moins réussi que les précédents. C’est un peu leur « Let it Be » avant la lettre…
« Il revient » évoque une mélodie obsédante. « Il revient, l’air de mes souvenirs, il me tient, il me poursuit partout ». Il s’agit encore d’une adaptation de Gene Vincent. Ce sera aussi l’un des tout premiers succès de Sylvie Vartan.
Sur des paroles de Charles Aznavour, « Jézabel » évoque un amour perdu. On est prêt à tout pour le retrouver. « Je ferais le tour de la terre. J’irais jusqu’au fond des enfers »…
« Ceci est mon histoire » est un texte épicurien. « L’avenir parfois nous joue des tours, aussi profitez du bon temps de l’amour ».
Autres titres : Ne délaisse pas. Big ben rock. Boom rang. Be bop a lula 1963. Oui, je t’aime. Je ne pense qu’à l’amour. Ce diable noir. Oui chef, bien chef. Pow wow.
Le service militaire mettra un terme à l’aventure.
| Mai 2012 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | |||||
| 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | 12 | 13 | ||||
| 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | ||||
| 21 | 22 | 23 | 24 | 25 | 26 | 27 | ||||
| 28 | 29 | 30 | 31 | |||||||
|
||||||||||